À propos

« J’ai mis longtemps à comprendre la beauté de la monotonie d’une œuvre – sa beauté et sa nécessité. Chaque homme n’a qu’une chose à dire. » Jean Grenier

Des années de travail (dessins, peintures, gravures) où tu es influencé par de nombreuses œuvres contemporaines et plus anciennes.
Un jour de novembre 2002 les traits, bien éloignés de tes anciens travaux, apparaissent et t’imposent leur présence.
Juste avant leur arrivée tu commençais à jouer avec la répétition.
Les anciens motifs (têtes, personnages, objets…) en se répétant sur la toile font naître autre chose. Tu remarques alors que l’attention n’est plus dirigée sur une tête, par exemple, mais sur le passage de l’une à l’autre. Un rythme tout à coup apparaît. L’espace de la toile devient un champ ondulatoire.
Tu redécouvres alors par l’expérience l’All-over (Pollock, de Kooning, Mitchell). La répétition t’ouvre l’accès au travail de Viallat mais aussi la rencontre du travail de Pierrette Bloch confirme la direction prise.

Et puis tu bascules dans autre chose, c’est là l’intérêt.
Ce nouvel espace respire. Oui tu remarques ça et cette respiration t’offre un socle pour le travail à venir. Ҫa respire donc ça vit. Et puis la respiration est liée au moment présent. Chacun de tes coups de pinceau ou de crayon deviennent comme les marqueurs d’un « ici et maintenant ». Tout prend sens, enfin, et tu te sens présent, à toi-même et au monde.
Mais pour être vraiment dans ce temps-là tu dois sortir de la figuration et adopter un élément simple. Les traits arrivent alors, prêts à remplir leur rôle.

Ils se tracent sur des supports variés. Les traits se font blocs ou s’isolent et dessinent des lignes droites, sinueuses, régulières ou pas.
A la base de cette diversité, évidente parfois ou à peine perceptible, un seul et unique trait.
Toujours le même malgré les différences.
Un espace infini.
Trait discret par ses infimes variations.
Endurant par sa régularité.
Fort par son passage sur toutes sortes de matières.
Trait méditatif par sa présence.
Trait libre par sa course.
Trait d’union entre hier et aujourd’hui.

Nicolas Poncey